Odile Jacob publie

Marc Crépon

La Vocation de l’écriture La littérature et la philosophie à l’épreuve de la violence
Date de parution : 27 mars 2014
EAN13 : 9782738130884 / 288 pages / 145 x 220 mm / 400 g

Il y a dans la violence que doivent aujourd’hui affronter nos sociétés une dimension propre à la langue. Quiconque a fait l’apprentissage de l’éducation doit reconnaître au creux de sa propre expérience la manière dont la langue façonne, modèle, impose. Quant au XXe siècle, il s’est chargé de nous montrer comment la langue peut condamner à une mort certaine.

C’est cette dimension propre au langage que se propose d’explorer le philosophe Marc Crépon, convaincu que le nœud de toute violence tient d’abord dans la langue et l’usage que nous en avons.

S’il chemine avec Kafka, Lévinas, Singer ou Derrida, ce n’est pas seulement parce que chacun d’entre eux s’est en son temps insurgé contre les détournements de la langue, préludes aux plus grands crimes commis contre l’humanité, constituant un réservoir d’expériences, pour prévenir les prochains massacres. C’est aussi parce que leur œuvre affirme la vocation de l’écriture : celle qui fait de la littérature et de la philosophie l’arme ultime pour démasquer, au coeur de la langue, la violence et la haine dont celle-ci est porteuse. Affirmer la vocation de l’écriture, c’est retourner la langue contre elle-même, désamorcer ses potentialités meurtrières en l’ouvrant à l’échange, à la responsabilité, à l’humanité, quand celle-ci se fixe autrui et le monde comme buts.


Normalien, agrégé de philosophie, Marc Crépon est directeur de recherches au CNRS et directeur du département de philosophie à l’École normale supérieure. Il a notamment publié Le Consentement meurtrier


  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Sommaire
  5. Introduction - Pratiques du langage et expérience de la violence
    1. I. Éducation
    2. II. Héritages
    3. III. Discriminations
    4. IV. Éveil de la politique
    5. V. La préoccupation
    6. VI. L’amour et l’amitié
    7. VII. L’agression
    8. VIII. La Shoah
    9. IX. Les livres
    10. IX. La littérature et la philosophie
    11. X. Corpus
  6. Chapitre I - La connaissance de soi - (Une lecture des Journaux de Kafka)
    1. I. L’impossible connaissance de soi
    2. II. Le tribunal de l’écriture
  7. Chapitre II - L’impossible anamnèse - (Kafka et Derrida)
    1. I.
    2. II.
  8. Chapitre III - Partages de la singularité - (Celan-Derrida)
    1. I. La singularité des dates
    2. II. Le temps de l’autre
    3. III. Circoncision de la parole
  9. Chapitre IV - D’une constellation - (Lévinas, Derrida, Blanchot, lecteurs de Celan)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
    4. IV.
    5. V.
  10. Chapitre V - « Cette tumeur dans la mémoire » - (Lévinas)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  11. Chapitre VI - De la honte - (Lévinas)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  12. Chapitre VII - « Un balancier au-dessus de l’abîme » - (Victor Klemperer et la langue du IIIe Reich)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
    4. IV.
  13. Chapitre VIII - Dupe de la violence ? - (Une lecture de Sartre)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
    4. IV.
  14. Chapitre IX - « L’esprit du récit » - (Une lecture de Kertész)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  15. Chapitre X - « Survivre » : le roman - (Une lecture du Journal de galère de Kertész)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
    4. IV.
    5. V.
  16. Chapitre XI - Un profond sentiment de protestation - (Une lecture de Singer)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  17. Chapitre XII - « Et personne ici ne sait qui je suis » - (La voix des émigrants : Arendt, Sebald, Perec)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  18. Chapitre XIII - De la peur de mourir - (Trois récits russes)
    1. I.
    2. II.
    3. III.
  19. Remerciements
  20. Du même auteur