Pierre Vermeren
Le Choc des décolonisations De la guerre d’Algérie aux printemps arabes Date de parution : 4 novembre 2015
EAN13 : 9782738133441 / 336 pages / 155 x 240 mm / 400 g
EAN13 : 9782738133441 / 336 pages / 155 x 240 mm / 400 g
Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C’est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s’insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l’histoire de la décolonisation.
De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l’État et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et des pays d’Afrique agir en toute impunité. Le silence et l’aveuglement de la France, mais aussi de l’Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l’accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples.
Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu’il s’agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l’éclairage irremplaçable de l’histoire.
Pierre Vermeren est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-I-Panthéon- Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation.
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Dédicace
- Introduction
- Première partie - Le fiasco des décolonisations françaises
- Chapitre premier - Dix-sept ans de guerres pour décoloniser l’empire
- 1944-1946, l’après-guerre est mal parti…
- L’engrenage de la violence en Algérie
- Nationalistes contre patriotes français
- Reconstruire la France avec l’empire
- La guerre d’Indochine, une guerre invisible ?
- Le coup de semonce malgache en 1947
- L’indépendance arrachée des protectorats, un repli tactique forcé
- L’apothéose tragique de la guerre d’Algérie
- Chapitre II - Les libertés politiques n’ont jamais été instaurées
- L’indépendance, des intérêts antagoniques
- Le Vietnam, la mise en place de nouveaux conflits
- La Tunisie écrasée par son grand homme
- Maroc, le makhzen contre la siba
- Le brutal désengagement de la France en Algérie
- Règlements de compte et chasse aux harkis
- Le temps des colonels
- L’Afrique dans la IVe République
- Entre association et émancipation
- La balkanisation de l’Afrique française
- Chapitre III - L’autoritarisme, entre transmission d’États et répression des libertés
- L’installation brutale du parti unique
- Autoritarisme, des usages du complot
- Le culte de la personnalité
- L’armée, pilier de l’État postcolonial
- La perversion des rites démocratiques
- Chapitre IV - Sous le couvercle de la guerre froide
- La France à la recherche d’une mission au sein du monde libre
- La France et ses alliés en Afrique
- Naissance de la France-Afrique ou « Françafrique »
- Une arme de la « Françafrique » en guerre froide, la cellule africaine de l’Élysée
- Les aspects économiques et le bras armé d’Elf Aquitaine
- La coopération militaire
- L’exception sénégalaise, un allié modéré dans la guerre froide
- Du Congo-Léopoldville au Zaïre, un pays maintenu de force dans le camp occidental
- Le fiasco du Cambodge, du soutien au génocide khmer
- Chapitre V - Depuis La Baule, liberté des élites, silence et violence pour les peuples
- Le discours de La Baule et les espoirs de démocratisation
- Une nouvelle génération pour de mêmes méthodes en Afrique ?
- La lutte contre l’islamisme, nouvelle martingale de l’autoritarisme dans le monde arabe
- Les effets sociaux de la mondialisation libérale
- Des standards de gouvernance imposés aux élites du tiers-monde
- Le référentiel de la « croissance » absorbé par les indicateurs sociaux ?
- La « décennie noire » d’Algérie plante un nouveau décor au sud de la Méditerranée
- De la « décennie perdue » à la nouvelle croissance en Afrique ?
- Du génocide rwandais aux guerres de Congo (1994-2003) La violence à son acmé
- Chapitre premier - Dix-sept ans de guerres pour décoloniser l’empire
- Deuxième partie - Les anciens colonisés sous l’empire de leurs élites - Des violences de la décolonisation à un tiers-mondisme sans scrupule
- Chapitre VI - Désintégration des espérances du « décolonisé »
- Indépendance et souveraineté nationales, première promesse faite aux décolonisés
- La citoyenneté, l’égalité et les libertés publiques, des horizons d’attente très politiques
- La terre et l’éducation, promesses d’élévation matérielle et sociale
- La puissance nouvelle de l’État indépendant douche les utopies
- Appareils militaro-policiers contre « illusions perdues »
- L’interminable lutte en faveur des libertés publiques
- La désillusion économique dans les serres de la bombe démographique
- De « l’école pour tous » à la quadrature du cercle
- Du nationalisme à l’émigration, ou comment « voter avec ses pieds »
- Chapitre VII - L’État, bien patrimonial
- L’État colonial et son économie, le « domaine public »
- Le « domaine public », une aubaine pour les nouveaux maîtres de l’État
- Punition des alliés du pouvoir colonial, et des fortunes « indigènes »
- La nationalisation « socialiste » des biens coloniaux, une immense réserve foncière
- Des grandes entreprises nationales ?
- L’État néopatrimonial, confusion entre « biens nationaux » et « biens des nationaux »
- En Algérie postsocialiste, partage de la rente et corruption
- Prédation ou domaine royal à la tête du Maroc ?
- L’appropriation mafieuse des affaires en Tunisie sous Ben Ali
- Une constante, fuite des capitaux et fortunes externalisées
- Chapitre VIII - Permanence et domination des sujétions interpersonnelles
- L’allégeance dans la société marocaine, un cas particulier ?
- La permanence de liens de sujétion prémodernes, la subordination religieuse
- La permanence de liens de sujétion prémodernes, la subordination politique
- De nouvelles figures de la domination, le chef de l’État et le parti unique…
- Le « colonel » et l’agent d’autorité
- Le ma’âlem et la sujétion
- Figure du patriarcat, un très lent déclin
- La force du clan et de l’ethnie au pouvoir
- Le chef de guerre religieux : gourous, émirs et prédicateurs
- Chapitre IX - Des indépendantistes aux « nouveaux colons », les pièges de l’acculturation
- L’acculturation par l’école, une question d’affect et d’élites
- Le double visage des élites nationalistes
- La génération des indépendances, gouverner par les acquis de la colonisation
- Chausser les habits et investir le palais du colonisateur
- Frayer avec les fonctionnaires et les élites gouvernementales internationales
- La tentation de la jet-set, de Paris à Marbella
- Une seconde indépendance, le tournant arabiste du milieu des années 1970 ?
- L’islamisme, entre frustration culturelle et revanche sociale
- La guerre civile algérienne des années 1990, djihadistes contre « nouveaux colons »
- Chapitre X - Soumission des peuples et répression des opposants
- Le mythe du parti unique et le ralliement au chef suprême
- De l’art de contenir et d’épuiser les partis d’opposition
- De l’exil à l’assassinat des opposants politiques
- Unanimisme, union nationale, front patriotique, régime des masses, consensus
- Des moyens de contrôler une société sous tension
- Démocratie hassanienne contre marxisme révolutionnaire en Algérie
- La fin du monopole médiatique et la circulation de l’information
- Faire taire les oppositions au nom de la lutte contre l’islamisme
- De l’utilité de l’état d’urgence et des attentats
- Chapitre XI - Servitude volontaire ou silence contraint des intellectuels ?
- L’aura d’une poignée d’intellectuels après les indépendances
- Le rôle des intellectuels marxistes et coopérants européens
- Le difficile compagnonnage avec les régimes autoritaires
- Intellectuels en situation autoritaire, révolte ou exil ?
- Soumission ou conseil du prince ?
- Exil intérieur ou distance critique ?
- L’État face aux intellectuels, domestication ou séduction ?
- La répression
- La liberté surveillée
- Chapitre XII - Les espérances du « printemps arabe », un monde à reconstruire
- Un effet domino parti de Tunisie en janvier 2011
- La chute de plusieurs dictateurs arabes, des révolutions populaires inédites
- Les mots d’ordre des foules révolutionnaires
- 1789 ou 1848 arabe ?
- Monarchies du Golfe et Frères musulmans à la manœuvre
- « Régression féconde », fin de cycle ou mutation d’un totalitarisme ?
- La réaction incrédule des autorités et des médias français
- Du « printemps arabe » à l’« hiver islamiste »
- Des élites arabes et françaises converties à la révolution ?
- Chapitre VI - Désintégration des espérances du « décolonisé »
- Troisième partie - La France, les Français et leurs anciennes colonies
- Chapitre XIII - Amnésie coloniale, mauvaise conscience et beaux discours
- L’histoire coloniale engloutie dans la guerre d’Algérie
- Amnésie sur une guerre sans nom de 1962 à 1999
- Jusqu’en 2007, des chefs d’État anciens acteurs de la guerre d’Algérie
- La volonté de tourner la page malgré tout
- La nostalgérie et le « temps des colonies »
- La nouvelle guerre des mémoires après 2000
- Des formations politiques durablement marquées
- Chapitre XIV - Les élites postcoloniales en métropole : entre revanche sociale, utopie et corruption
- Un choc migratoire de populations plutôt aisées mais ruinées
- Une génération pour remonter en silence dans la hiérarchie sociale
- Dispersion et importance de la scène artistico-médiatique
- Les trois temps d’une prise du pouvoir idéologique et intellectuel en France
- De François Mitterrand à François Hollande : le lourd passif des générations d’après 1981
- Une insertion réussie dans la bourgeoisie française ?
- Des relations difficiles et dissymétriques avec l’Algérie
- Repli sur le Maroc et la Tunisie, pour le meilleur et pour le pire
- Affairistes et réseaux mafieux postimpériaux
- Chapitre XV - L’effet générationnel : rejet colonial, ignorance de l’Afrique et illusions tiers-mondistes
- Les années « pieds-rouges » en Algérie, contribution à la naissance du tiers-mondisme
- La tragédie du Biafra, l’Afrique devient le symbole de la misère humaine
- French doctors et ONG : l’âge d’or des années 1970
- La critique idéologique du tiers-mondisme : Le Sanglot de l’homme blanc
- Trade not aid, la critique économique de l’aide au développement
- La désillusion vis-à-vis de l’aide publique et des ONG
- Des coopérants aux « expat », l’éloignement de l’Afrique
- L’Afrique vue de loin, entre mauvaise conscience, misérabilisme et sensationnalisme
- « Comment la France a perdu l’Afrique ? »
- Chapitre XVI - Illusion économique et mirage touristique
- L’attrait du capitalisme impérial pour les matières stratégiques
- Gros contrats et rentabilité de niche, un capitalisme de coups et de rente
- Un effet d’entraînement mineur sur les économies africaines
- Les anciennes colonies ont souvent été saignées par des guerres
- Aucun pays développé
- Des indices de développement humain catastrophiques
- Le mythe du tourisme sauveur, quand les 10 % du PIB sont rarement atteints
- Le tourisme bouleverse et folklorise les modes de vie
- Le tourisme, des emplois de main-d’œuvre liés à la conjoncture
- Chapitre XVII - Mirages médiatiques
- Une presse aux mains des grands groupes industriels
- Des médias audiovisuels très dépendants du service public
- L’importance capitale de l’information véhiculée sur les pays dépendants
- Le catastrophisme sélectif des médias
- La propagande touristique
- Du Biafra à la révolution tunisienne, la manipulation par les services de l’État français ?
- L’activisme des États autoritaires auprès des journalistes français
- La propagande publicitaire, l’achat de numéros spéciaux et les magazines dédiés
- Chapitre XVIII - L’immigration, porte ouverte sur le monde ou bonne conscience européenne ?
- La décolonisation s’opère pendant le répit du baby-boom (1943-1963)
- La guerre d’Algérie et l’intensification paradoxale de l’immigration impériale
- L’arrivée des « pieds-noirs » dans une France très homogène
- L’immigration postcoloniale des travailleurs, de la reconstruction à la crise
- Le discours sur la fin de l’immigration (1974) et le regroupement familial (1976)
- L’irruption des « beurs » et de la nouvelle question migratoire dans les années 1980
- 2002 et 2005, un double choc qui oblige la classe politique à sortir de son déni
- Fin de l’assimilation et apologie de la diversité, le rôle des intellectuels « algériens »
- Dépasser le fiasco colonial pour inventer une nouvelle société ?
- Chapitre XIII - Amnésie coloniale, mauvaise conscience et beaux discours
- Conclusion - Le legs singulier de la France coloniale
- Table






























