Scott Atran
Au nom du Seigneur La religion au crible de l’évolution Date de parution : 5 février 2009
EAN13 : 9782738120502 / 432 pages / 155 x 240 mm / 400 g
EAN13 : 9782738120502 / 432 pages / 155 x 240 mm / 400 g
Comment expliquer le poids culturel de la religion à travers l’histoire ? Pourquoi les idées surnaturelles sont-elles aussi répandues dans toutes les cultures ? Que nous apprennent la biologie, la psychologie, l’anthropologie et les sciences cognitives sur les différences et les similitudes entre les groupes religieux ? Et comment se fait-il que les explications religieuses des phénomènes naturels influent plus sur notre imaginaire collectif que les connaissances scientifiques ?
Du point de vue de l’évolution, la religion ne devrait pas exister : elle est coûteuse en sacrifices matériels et en dépenses émotionnelles ; elle impose des efforts pour adhérer à des croyances qui défient le bon sens. Alors, pourquoi la religion ?
Scott Atran passe en revue toutes les explications — sociologiques, psychologiques, neurologiques, métaphysiques — et montre leurs insuffisances. Et si le sacrifice de soi qu’impose toute religion servait avant tout à stabiliser l’ordre moral dans le groupe ? Ce faisant, n’incite-t-elle pas à la compétition avec d’autres groupes ? Et, dès lors, n’est-elle pas toujours source de guerre ?
Appuyée par les recherches les plus originales et les plus actuelles, une puissante réévaluation du fait religieux au cœur même de l’humain.
Scott Atran est directeur de recherches à l’Institut
Jean-Nicod du CNRS. Anthropologue cognitiviste, il est professeur associé à l’Université du Michigan à Ann Arbor.
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Préface - Des esprits préhistoriques à l’âge de l’espace ?
- Introduction - Une énigme évolutionnaire
- Pourquoi la religion crée-t-elle un dilemme évolutionnaire ?
- Pourquoi les religions et les cultures ne sont-elles ni des entités ni des choses ?
- Qu’est-ce qu’un paysage évolutionnaire ? Une métaphore régulatrice
- Pourquoi Mickey Mouse et Marx diffèrent-ils de Dieu ?
- Vue d’ensemble
- Première partie - Sources évolutionnaires
- Chapitre I - L’agent sans esprit - Adaptations et sous-produits de l’évolution
- La nature de l’adaptation biologique
- Signes d’adaptation
- Cognition humaine sui generis
- L’adaptation comme solution de tâches ancestrales
- L’ingénierie à rebours et ses limites
- L’histoire « sur mesure » du soi
- Le mystère du langage
- « Sous-produits » de l’évolution
- Notre gros cerveau ne serait-il qu’un simple fabricant de tympans ?
- Psychologie évolutionnaire : un paradigme heuristique
- L’agent sans esprit
- Chapitre II - La création de Dieu - Origines évolutionnaires du surnaturel
- Les âmes et les esprits dans les rêves et les ombres
- Modularité et spécificité des domaines
- L’agentivité
- Le domaine naturel de l’agentivité
- Les structures « téliques » et la tragédie de la cognition
- Le surnaturel : domaine culturel de l’agentivité
- La théorie de l’attachement
- L’agentivité surnaturelle, sous-produit de l’évolution
- Chapitre I - L’agent sans esprit - Adaptations et sous-produits de l’évolution
- Deuxième partie - Engagements absurdes
- Chapitre III - Des mondes contre-intuitifs - La nature essentiellement mondaine de la croyance religieuse
- Causalité naturelle et surnaturelle
- Épisodes mythiques
- Représentations culturelles
- Pertinence et vérité : pourquoi la parole divine ne peut être réfutée
- Quasi-propositions
- Contre-intuitions
- Mémorabilité des croyanceset ensembles de croyances minimalement contre-intuitives
- Afficher la vérité : métareprésentation de mondes surnaturels
- Rendre possibles des mondes logiquement impossibles
- Chapitre IV - Le sens du sacrifice - Culture, communication et engagement
- Le sacrifice : un coût irrécupérable
- L’altruisme : coopérer pour rivaliser
- L’intolérance fondamentaliste des autres « espèces »
- Syncrétisme, compétition sociale et inversion symbolique
- Hiérarchie sociale et surnaturelle
- La rationalité évolutionnaire du sacrifice de soi irraisonnable
- Autoduperie sincère : vengeance et amour
- Médiation cérémonielle, magie et divination
- L’étreinte durable de la religion
- Chapitre III - Des mondes contre-intuitifs - La nature essentiellement mondaine de la croyance religieuse
- Troisième partie - Passions rituelles
- Chapitre V - Rituel et révélation - L’esprit émotionnel
- Remémoration des rituels : doctrines et images
- La liturgie n’est pas logique, l’excitation fréquente n’est pas rare
- Mémoire épisodique vs mémoire sémantique
- Souvenirs émouvants
- Manipulation cérémonielle des impératifs évolutionnaires de la mémoire
- Possession, conversion soudaine, expérience mystique
- Rituel routinier : répétition avec la seule promesse de résolution
- Rituel et révélation : étalages extraordinaires de moyens ordinaires
- Chapitre VI - Ondes de passion - Neuropsychologie de la religion
- Indices neurobiologiques : l’amygdale et la modulation du stress
- Scènes macabres, décharge d’adrénaline et religiosité : une expérience
- Neurothéologie : science et billevesées
- Un « module de Dieu » dans le lobe temporal ? Improbable
- Religion et psychopathologie : épilepsie, schizophrénie, autisme
- Les épisodes mystiques inspirent de nouvelles religions mais ne font pas une religion
- Chapitre V - Rituel et révélation - L’esprit émotionnel
- Quatrième partie - Des théories sans esprit
- Chapitre VII - Culture sans esprit - Sociobiologie et sélection collective
- Sociobiologie ou matérialisme mystique
- Les normes sont-elles des unités de l’évolution culturelle ?
- Émulation, étalage et stabilisation sociale
- Le fonctionnalisme dirige la sélection collective
- Sauter par-dessus l’esprit
- Normes nébuleuses
- La sélection collective en biologie
- Études de cas de la sélection collective chez les humains ?
- Épidémiologie culturelle
- L’esprit des ressources communes
- Les systèmes de croyance comme stratégies évolutionnaires collectives ?
- Les traits collectifs et les normes sont des types notionnels, non des types naturels
- Chapitre VIII - Le problème des mèmes - Inférence vs imitation dans la création culturelle
- Les mèmes sont non biologiques mais strictement darwiniens
- Qu’y a-t-il d’unique dans les mèmes ?
- Le cerveau et la construction de l’esprit
- Bons et mauvais mèmes
- Une mémétique sans esprit
- L’esprit multimodulaire : éléments d’une alternative
- Pas de réplication sans imitation, donc pas de réplication
- Les commandements ne commandent pas, et la religion ne se reproduit pas
- Imitation vs inférence
- Contraintes cognitives imposées à la culture
- Chapitre VII - Culture sans esprit - Sociobiologie et sélection collective
- Conclusion - Pourquoi la religion semble devoir subsister
- Les religions sont des engagements coûteux et exigeants envers des mondes contre-intuitifs
- Les religions ne sont pas des adaptations mais se conforment à un paysage évolutionnaire
- Les agents surnaturels surgissent par manipulation culturelle de stimuli de la psychologie naïve, qui a évolué munie d’un déclic pour détecter les agents animés
- La métareprésentation permet la tromperie morale mais permet aussi d’imaginer des mondes surnaturels qui contournent les attentes modulaires pour éviter le problème
- L’autosacrifice émotionnellement motivé envers le surnaturel stabilise l’ordre moral du groupe d’appartenance, incitant à la compétition avec les autres groupes et créant ainsi de nouvelles formes religieuses
- Les angoisses existentielles motivent la croyance et la pratique religieuses ; ainsi, seul le soulagement émotionnel de telles angoisses – jamais la raison seule – valide la religion
- Les comparaisons neurobiologiques d’états mystiques (par exemple, la transe) à des états pathologiques (schizophrénie, épilepsie) minimisent l’agentivité et l’activité corticale préfrontale
- La sociobiologie et la théorie de la sélection collectiveignorent les esprits comme causes de la religion
- Les idées religieuses ne se répliquent pas comme des mèmes imités dans les esprits qui les abritent, mais se recréent à travers les esprits par inférences et évocations issues de contraintes modulaires
- Science laïque et religion : coexistence ou jeu à somme nulle ?
- Notes
- Bibliographie
- Index





























