Odile Jacob publie

Edward N. Luttwak

Le Turbo-Capitalisme

Voici une brillante analyse du capitalisme moderne, miroir de la façon dont nous travaillons et vivons, des évolutions mondiales les plus récentes. Dérégulation, privatisations, changements technologiques et globalisation ont accru et accéléré la turbulence qui caractérise désormais la sphère économique. Ses partisans l’appellent marché. Edward C. Luttwak propose de lui redonner son vrai nom : turbo-capitalisme. À partir des Etats-Unis, il s’est étendu au Royaume-Uni, à l’Europe continentale, puis à l’Asie et au reste du monde, la France et le Japon seuls semblant encore quelque peu résister.

Dans le monde d’aujourd’hui, il y a plus que jamais les riches et les pauvres. Les vainqueurs, architectes et acrobates du changement techno-organisationnel, deviennent de plus en plus riches, tandis que les autres stagnent. Et les pays qui importent chez eux ce turbo-capitalisme dur ne peuvent s’appuyer contre les déséquilibres qu’ils créent sur les deux gardes fous majeurs qui existent dans des pays comme les Etats-Unis : le droit et la morale.

Edward Luttwak analyse en profondeur les différences entre ce turbo-capitalisme et le capitalisme encadré que nous avons connu jusqu’alors. Il se dresse contre l’idée selon laquelle les réductions d’emploi dans les secteurs traditionnels s’assortiront de créations d’emploi dans les nouveaux et contre le mythe des services, gisements d’emploi. Ils sont souvent très mal payés ! Le turbo-capitalisme est peut-être très efficace, mais vu son coût social, les inégalités qu’il crée et les coups qu’il porte aux institutions qui structurent les sociétés, n’est-ce pas cher payé ? Le problème est qu’il n’existe pas de solution facile et évidente. C’est tout le défi auquel nous sommes confrontés. Quand un libéral fait le procès du libéralisme…

« Ses partisans l’appellent liberté des échanges. Mais c’est bien davantage que la liberté de vendre et d’acheter qu’ils prônent. C’est l’absence de tout contrôle politique, la fin des syndicats, le mépris pour le sort des salariés, la volatilité absolue des capitaux, sans plus de régulation. Ce qu’ils prêchent, c’est la privatisation à tous crins, des universités aux prisons, des écoles aux maisons de retraite, qu’il faudrait transformer en entreprises soucieuses du seul profit. Ce qu’ils promettent, c’est une économie dynamique qui créera de nouvelles richesses. Ils oublient simplement de préciser à qui elles reviendront. Sûrement pas à tous. Voilà ce que j’appelle turbo-capitalisme. » E. L.

Edward C. Luttwak est expert en stratégie et en économie auprès de nombreuses instances officielles aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Il est notamment l’auteur du Paradoxe de la stratégie, du Rêve américain en danger et de Coup d’État, mode d’emploi.