Odile Jacob publie

Maurice Kriegel-Valrimont, Olivier Biffaud

Mémoires rebelles
Date de parution : 1 janvier 1999
EAN13 : 9782738106322 / 288 pages / 155 x 240 mm / 400 g

Antifasciste, syndicaliste, résistant, puis dirigeant du Parti communiste français, avec lequel il a rompu en 1960, Maurice Kriegel-Valrimont s'est trouvé au centre d'événements qui ont marqué notre histoire. Sa vie a traversé le siècle. Né en 1914, il se trouve en 1944, à la libération de Paris, au commandement national des Forces françaises de l'intérieur. 

Député de Meurthe-et-Moselle pendant toute la IVe République, il exerce les fonctions de vice-président de la Haute Cour de justice. Jugeant le temps venu de verser quelques pièces inédites au dossier de ce siècle, il se confie à Olivier Biffaud, journaliste au Monde, pour donner à comprendre les raisons de son long combat victorieux contre le stalinisme et celles qui lui ont fait préférer la « mort politique » à la complicité avec un dogmatisme criminel sans rien abandonner de l'idéal de ses vingt ans.


  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Chapitre premier - L’ENFANCE À STRASBOURG
    1. Votre père a été mobilisé dans l’armée allemande ?
    2. Faites-vous partie, dans votre jeunesse, d’une organisation de jeunesse, politique ou religieuse ?
  6. Chapitre II - FASCISME ET ANTIFASCISME
    1. Avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, y a-t-il, à Strasbourg, une opposition à la montée du nazisme ?
    2. Des écrivains français, de retour d’URSS, ont déjà mis en évidence les méfaits du stalinisme.
    3. Prétendre, toutefois, que la lucidité des militants se heurtait au dogmatisme de la direction serait abusif…
  7. Chapitre III - GUERRE ET RÉSISTANCE
    1. Les lois auxquelles vous faites allusion datent de 1940, le pacte germano-soviétique est de 1939.
    2. Pourtant les jeunes intellectuels de gauche d’alors, et ce sera patent plus tard, concrétisent leur engagement en adhérant au PCF.
    3. À titre individuel ou en groupe, les communistes font des actes de résistance, il n’en demeure pas moins vrai que l’appareil du Parti n’incite à la Résistance qu’après l’invasion de l’URSS, à la fin 1941.
    4. Il y avait une tentative du parti communiste de noyauter les mouvements de résistance.
    5. Vous parlez du retournement sur le plan militaire à l’extérieur, mais existe-t-il des éléments intérieurs qui permettent à la Résistance de prendre son envol ?
    6. Vous n’êtes pas passé, en permanence, à travers les mailles du filet de la répression.
  8. Chapitre IV - LA LIBÉRATION ET LE POUVOIR
    1. Cette conjonction fait que la bataille de Paris va être extrêmement courte, que von Choltitz capitulera très rapidement ?
    2. Était-ce une manière pour de Gaulle de s’arroger la totalité du pouvoir ou avait-il d’autres intentions ?
    3. Il n’est pas abusif de dire de cette Union qu’elle est un appendice du parti communiste.
  9. Chapitre V - LE MONDE ISSU DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE
    1. On peut vous renvoyer la balle et vous dire que les Français ne s’inquiètent pas précisément parce que de Gaulle est au pouvoir et qu’il constitue une garantie à leurs yeux…
  10. Chapitre VI - ACTION : HEBDOMADAIRE DE 1944 À 1949
    1. Les vrais révolutionnaires vont vous accuser de défaitisme.
    2. Il était membre du parti communiste dès avant la guerre ?
  11. Chapitre VII - DE LA GUERRE À LA GLACIATION STALINIENNE
    1. Quand avez-vous adhéré au parti communiste ? Quand vous faites sortir Action de la clandestinité, en 1944, vous affirmez ne pas être membre du PCF. En 1947, vous entrez au comité central. C’est une ascension surprenante…
    2. Ayant dirigé un journal d’une certaine ouverture, pourquoi adhérez-vous au PCF au moment où il est repris en mains et où il entre dans une période de glaciation ?
    3. À aucun moment vous n’avez eu envie de vous engager dans d’autres formations de la gauche ?
    4. L’idée d’un compagnonnage avec le trotskisme a été, à un moment donné, un élément de votre réflexion ?
    5. Après votre adhésion formelle au parti communiste, à la demande de Maurice Thorez nous avez-vous dit, il est légitime de penser que votre rôle dans la Résistance et dans la libération de Paris a occupé une part non négligeable dans votre accession au comité central ?
    6. Vous qui aviez été engagé fortement dans la Résistance, cela ne vous gênait pas un peu de côtoyer un homme dont on ne peut pas dire qu’il ait pris une part particulière au combat de la Libération ?
    7. Vous étiez membre du Parti quand l’affaire Marty-Tillon a été lancée. Au moment de son exclusion, n’avez-vous pas fait comme les autres ?
    8. Dans le duo Marty-Tillon, vous évoquez surtout la personnalité du second, en exprimant avec émotion des regrets sur votre propre attitude, mais vous ne parlez pas du premier.
    9. Ce mélange de caractère et de flagornerie se retrouvait-il au niveau inférieur, c’est-à-dire au comité central ?
    10. Les votes aux congrès pouvaient subir les mêmes manipulations. Êtes-vous sûr que les résultats proclamés étaient les résultats réels ou ceux élaborés par le groupe dirigeant ?
  12. Chapitre VIII - 1958-1968, LE CHOIX ANTISTALINIEN
    1. En 1953, le PCF reçoit un coup de massue : la mort de Staline, « le petit père des peuples » dans l’imagerie communiste. Comment l’avez-vous ressentie ?
    2. Avant la guerre, pourtant, des livres ont été publiés sur la réalité du régime soviétique. Après, le procès Kravchenko a mis en lumière le système stalinien. On comprend que la direction du parti communiste dénonce des manœuvres anticommunistes. Mais les intellectuels et les cadres de haut niveau accordent-ils foi à cette défense ?
    3. L’absence de Thorez à Wagram et au comité central ne suscite pas d’interrogations à l’intérieur du comité central ?
    4. Envoyer une nouvelle délégation, c’est une marque de défiance à l’égard de ceux qui ont assisté à ce congrès, implicitement accusés de ne pas avoir fait un compte rendu fidèle…
    5. Le parti communiste ne se trouve-t-il pas alors dans une des périodes de son histoire où il n’a plus de points de repère, livré à lui-même, sans savoir que dire et que choisir ?
    6. Il y a une contradiction énorme tout de même dans la déstalinisation prônée par Khrouchtchev car 1956, c’est aussi l’écrasement de l’aspiration à la démocratie à Budapest par les troupes soviétiques.
    7. Pourquoi, comme d’autres, ne rompez-vous pas à ce moment-là ?
    8. Vous expliquez le passé par l’avenir !
    9. Quarante ans après, le PCF baptise toujours « retard dans l’analyse du stalinisme » ce que vous, vous appelez un mauvais choix. C’est une divergence de fond avec les dirigeants d’aujourd’hui.
    10. Il est difficilement imaginable que Casanova n’ait pas pris quelques dispositions préalables pour savoir de quelles forces il peut disposer au comité central.
  13. Chapitre IX - SOUS LA CINQUIÈME RÉPUBLIQUE
    1. Dans l’histoire du parti communiste, toutes les oppositions, au moins à leur naissance, sont clandestines…
    2. Et la timide tentative d’ouverture vers l’eurocommunisme au début de l’ère Marchais sous l’influence de Jean Kanapa ?
    3. N’est-ce pas une provocation de choisir Jules Moch qui est la bête noire du parti communiste ?
    4. On peut vous rétorquer que c’est précisément parce qu’elle possédait la force de frappe que la France comptait dans le monde.
    5. Pronteau a rejoint les rangs du parti socialiste. Vigier est resté communiste dans l’âme. Aviez-vous des rapports politiques soit avec les exclus communistes soit avec les dirigeants socialistes ?
    6. Un homme a eu de l’importance dans votre vie. C’est un artiste, un peintre, que vous avez eu à cette période l’occasion de rencontrer fréquemment.
  14. Chapitre X - LE MONDE OÙ ON NE S’ENNUIE PAS
    1. C’est la deuxième fois que vous estimez la direction du parti communiste dépassée par un phénomène historique. La première fois c’était en 1958. Dix ans après, elle récidive ?
    2. Les responsables étudiants cherchent à rapprocher le mouvement étudiant et le mouvement social. Ils se heurtent à l’intransigeance et au refus des grands syndicats, de la CGT en particulier. Vous souvenez-vous de ces étudiants qui se cassent le nez aux grilles des usines Renault de Billancourt ?
  15. Chapitre XI - LA DISLOCATION DU STALINISME
    1. Cela dit, Khrouchtchev se sent assez solide pour parler.
    2. En permettant à Gorbatchev d’accéder au pouvoir, au milieu des années 1980, la nomenklatura fait la même erreur qu’avec Khrouchtchev ?
    3. L’exemple de la Chine montre qu’ouverture économique ne rime pas nécessairement avec libéralisation politique.
    4. Pendant ses vingt années de règne, Georges Marchais a tenté, tant bien que mal, de s’en affranchir à l’aide de l’eurocommunisme, dans les années 1970, puis des abandons successifs de la dictature du prolétariat et du centralisme démocratique ?
    5. Vous dites que la direction du Parti, secrétaire général en tête, porte la responsabilité première des exclusions, purges et mises à l’écart. Mais la base ne s’est jamais opposée majoritairement à ces pratiques.
    6. Sauf à vivre dans une secte, chaque militant a son libre arbitre et peut communiquer avec qui il veut.
  16. Chapitre XII - 1981, 1988, LA GAUCHE EN FRANCE
    1. Les « combats décisifs » dont vous parlez sont ceux de la Résistance ?
    2. À l’époque, Valéry Giscard d’Estaing reçoit un soutien très explicite de l’ambassadeur d’URSS à Paris.
    3. C’est ce qu’on appelle le vote révolutionnaire à droite.
    4. « Pourquoi faites-vous une distinction entre le “courant communiste” et le PCF que vous personnalisez par son actuel secrétaire général ?
    5. « À vous croire, il y aurait donc un communisme bicéphale ?
    6. « À quelles démarches faites-vous allusion ?
    7. « Vos propos suggèrent qu’il était possible pour le PCF d’empêcher ses reculs électoraux successifs.
    8. « Face à ce bilan, quel avenir envisagez-vous pour le courant communiste ?
    9. « Le vingt-cinquième congrès du PCF [en 1985] a condamné la stratégie d’union avec le PS et L’Humanité présente “l’union de la gauche” comme une tare.
    10. « Dire, comme la direction du PCF, que l’électorat communiste a été soumis à la pression du “vote utile” développée par le PS ou à la pression des médias, est-ce un aveu d’échec ?
  17. Chapitre XIII - ET REVOILÀ FRANÇOIS MITTERRAND !
    1. La direction du Parti explique qu’il s’agit d’une tentative de fractionnisme : la description que vous faites tend à accréditer cette thèse. Elle parle aussi d’une opération montée par le PS. La référence que vous faites à François Mitterrand et à sa bienveillance donne du crédit à ces soupçons.
    2. La candidature de Pierre Juquin ne semble pas répondre, en tout cas, à une nécessité politique du moment, si l’on s’en tient au résultat.
    3. Les oppositions successives ont toutes buté sur le rejet initial, par la direction du PCF, des conclusions du vingtième congrès du PCUS.
    4. Le reste du Parti, dans des proportions encore plus importantes que la vague de protestation, se satisfaisait des méthodes en usage à la direction.
    5. En dehors des « affaires », ce second septennat se caractérise par l’effacement du PCF, accompagné d’une contestation interne, sans précédent, et la montée en puissance de l’extrême droite.
  18. Chapitre XIV - LE CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION
    1. Avez-vous eu le sentiment que votre vie se confondait avec l’histoire et que vous étiez une légende s’ajoutant à quelques autres légendes, celle du gaullisme ou celle du communisme ?
    2. À propos des légendes, il y a eu une connivence entre gaullistes et communistes pour s’approprier l’histoire de la Résistance, ce qui a dominé la configuration politique des « Trente Glorieuses ».
    3. Comment expliquez-vous qu’elle ait abandonné la circonscription où elle était élue députée du Val-de-Marne à Georges Marchais ? N’était-ce pas accepter de lui donner un brevet de Résistance à bon compte ?
    4. À la direction du COMAC, le Comité d’action militaire de la Résistance, il y avait les trois V. L’un de ceux-ci était Pierre Villon avec qui vous avez entretenu des rapports, après la guerre, à la direction du PCF.
    5. On lui reprochait plus de ne pas être assez proche des gaullistes ou d’être trop conciliant avec les communistes ?
  19. Chapitre XV - L’HISTOIRE CONTINUE
    1. À l’aube de l’an 2000 et cinquante ans après la Seconde Guerre mondiale, la théorie de la fin de l’histoire a eu son heure de gloire. Le prétexte à la vogue de cette théorie était l’effondrement du système communiste du bloc soviétique qui, par voie de conséquence, démontrait la supériorité du système capitaliste. A-t-elle aujourd’hui encore une actualité ?
    2. Cette théorie de la fin de l’histoire n’est-elle pas le pendant d’une autre affirmation, plus ancienne, sur l’horizon indépassable du marxisme ?
    3. Cette absence de contestation de la théorie de la fin de l’histoire était aussi la traduction de la crise de la pensée critique. Le retour de l’histoire serait-il, a contrario, la réhabilitation de la contestation ?
    4. Une des causes de l’échec des tentatives d’organisation politique ne réside-t-elle pas dans le fait que les seuls vrais soutiens du mouvement social sont les groupes restreints d’extrême gauche ?
    5. Vous avez une opinion balancée sur le parti socialiste. D’un côté, vous exprimez de la méfiance quand vous évoquez les « dérapages » de la social-démocratie, et, de l’autre, vous manifestez un espoir car vous considérez que, dans la gauche, les socialistes sont les plus aptes à gouverner. Comment mariez-vous cette méfiance et cet espoir ?
    6. Une des composantes de l’attitude du PCF, au cours des soixante-dix dernières années, est pourtant le sectarisme antisocialiste. De Thorez à Marchais, les dirigeants communistes n’ont eu de cesse, à intervalles réguliers, de dénoncer « la dérive à droite » du PS fréquemment présenté comme un porte-parole de la bourgeoisie.
    7. Robert Hue doit-il, lui aussi, revendiquer un droit d’inventaire sur le stalinisme français qui a conduit à une multitude d’exclusions dont vous êtes un exemple ?
    8. Le rapport de forces dans les sphères dirigeantes est lui aussi inédit. Aujourd’hui, et pour la première fois de leur histoire, les orthodoxes sont dans l’opposition alors que les modernistes sont aux manettes. Compte tenu de la puissance de l’appareil, est-ce une situation durable ?
    9. Y a-t-il des leçons à tirer de la période de répression ?
  20. ANNEXES
  21. Index
  22. Table
  23. Ouvrage de Olivier Biffaud
  24. Du même auteur