Odile Jacob publie

Alain Peyrefitte, Raymond Boudon, Pierre Chaunu

Valeurs et Modernité
Date de parution : 1 mai 1996
EAN13 : 9782738104014 / 368 pages / 155 x 240 mm / 400 g

On connaît l'hypothèse qu'Alain Peyrefitte a magistralement développée dans La Société de confiance. La croissance n'est pas d'abord fondée sur la richesse matérielle des nations, qu'il s'agisse des ressources naturelles, du climat, du capital ou même du travail. Elle est directement liée aux mentalités et aux comportements, et prioritairement à ce qu'Alain Peyrefitte a nommé l'"éthos de confiance" - disposition de l'esprit qui privilégie l'innovation, la responsabilité et la compétitivité. On le sait, l'histoire de l'Europe occidentale des XVe au XVIIIe siècles illustre de façon particulièrement pertinente cette thèse. Le propos d'Alain Peyrefitte méritait cependant une plus ample démonstration. C'est pourquoi il fait ici l'objet de controverses passionnées entre d'éminents spécialistes. Raymond Boudon revient sur le rôle que le protestantisme a joué dans l'émergence de l'"éthos de confiance" et analyse le travail que Max Weber a consacré à cette question. Pierre Chaunu s'intéresse au fondement ontologique de la notion de confiance : selon lui, c'est l'émergence de l'idée de transcendance, née avec Moïse aux pieds du Sinaï, qui rend possible celle de liberté. Jean Delumeau s'attache, pour sa part, réconcilier les notions de millénarisme et de modernité. Le débat s'élargit également à d'autres horizons. Ainsi, par exemple, le Japon fait l'objet d'un traitement à part, qui propose un paradoxe intéressant : en tant que premier pays non occidental à entrer dans l'ère du progrés, il construit un modèle différent de la modernité.

On aura plaisir et profit à lire ce livre qui contient de nombreuses autres interventions (René Pomeau, Shmuel Eisenstadt, Tsehuri Hara, Seymour Martin Lipset, François Caron, Alain Touraine...) et qui renvoie à des questions finalement très actuelles. Car, dans ce débat que la nation française mène aujourd'hui avec elle-même, on oublie trop souvent que la variable essentielle est précisément le développement. Or celui-ci ne se décrète pas ; il se construit grâce l'établissement de relations plus actives et plus efficaces entre les acteurs d'une société.

Colloque international à l'Institut de France dirigé par Raymond Boudon et Pierre Chaunu


  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Ouverture - par Marcel Landowski
  5. Introduction générale - par Alain Peyrefitte
    1. 1. Schéma
    2. 2. La divergence
    3. Les suggestions de l’enquête historique
    4. 3. L’éthos de confiance compétitive
    5. 4. Illustration des éthos de confiance et de défiance
    6. 5. Marx, exégète de la diversité religieuse
    7. 6. L’alternative de Max Weber
    8. 7. Braudel ou l’histoire sans acteurs
    9. 8. Permanence des corrélations
  6. Communication - de Jean-François Bergier
    1. Diversité des valeurs
    2. Unité de confiance
    3. Mythes et modernité
  7. Discussion
  8. Communication - de Raymond Boudon
    1. Introduction
    2. Les motivations de Weber
    3. La théorie de Weber
    4. Les critiques : la congruence avec les données de développement
    5. Les données de développement apparemment incompatibles avec la théorie
    6. Les données non expliquées par la théorie
    7. Ces critiques sont-elles mortelles ?
    8. Les hypothèses psychologiques
    9. Théorie générale
    10. Bilan
    11. Références
  9. Communication - de Pierre Chaunu
  10. Discussion
  11. Communication - de Jean Delumeau
  12. Communication - de Shmuel Eisenstadt
  13. Discussion
  14. Communication - de Terushi Hara
    1. I. Eiichi Shibusawa : sa vie et ses domaines d’activité
    2. II. La pensée de Eiichi Shibusawa
    3. III. Les deux visites de Eiichi Shibusawa en France
    4. Épilogue
  15. Discussion
  16. Communication - de David Landes
  17. Discussion
  18. Communication - de Seymour Martin Lipset
  19. Discussion
  20. Communication - de Jean-Pierre Poussou
  21. Communication - de François Caron
  22. Discussion
  23. Communication - de Denis Szabo
    1. Le « tiers facteur immatériel » : l’hypothèse d’Alain Peyrefitte
    2. L’éthos et la délinquance : liens multiples
    3. La culture démoralisée : l’hypothèse de Himmelfarb
    4. Un facteur clef dans l’explication de la délinquance : intégration normative et types de sociétés
    5. Criminologie comparée et contexte socio-économique et politique
    6. Types de société et droit
    7. Les « autorités invisibles » : les racines historiques des valeurs et de la culture
    8. Les autorités invisibles : exemples d’enracinements historiques
    9. L’éthos et le droit pénal
    10. L’éthos et la refondation d’une politique criminelle
    11. L’an 2000 : point tournant ou point d’arrivée ?
    12. Références
  24. Communication - de Pierre Moussa
    1. 1. Nul doute que certaines caractéristiques culturelles freinent le développement
    2. II. Un trop brusque changement de culture peut aussi compromettre le développement
    3. III. La confluence des cultures est un facteur décisif de progrès
  25. Discussion
  26. Annexes
    1. ANNEXE I - Peut-on chiffrer le qualitatif ?
    2. ANNEXE II - Communication complémentaire
    3. ANNEXE III - Verbatim d’une soutenance
    4. ANNEXE IV - Les raisons d’une crise de confiance
    5. ANNEXE V - Le Débat : Michel Crozier et François Crouzet
    6. ANNEXE VI - « Les lundis de l’histoire »
  27. Notices biographiques des principaux intervenants - par ordre d’intervention
  28. Table