Iannis Roder
Sortir de l'ère victimaire Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse Date de parution : 22 janvier 2020
EAN13 : 9782738150752 / 224 pages / 145 x 220 mm / 400 g
EAN13 : 9782738150752 / 224 pages / 145 x 220 mm / 400 g
« Il y a vingt ans, fraîchement nommé dans mon collège de Saint-Denis, je me lançai avec passion dans l’enseignement de l’histoire de la Shoah. Devant mes élèves, j’évoquais avec gravité le drame absolu des victimes. J’organisais des rencontres avec des survivants et insistais sur l’horreur que furent les ghettos et Auschwitz.
Mais une partie d’entre eux ne supportaient pas mon discours. Ils en avaient assez de la souffrance des juifs, me disaient-ils, car “d’autres peuples ont souffert et on n’en parle jamais !”.
Ce qui avait fonctionné pour ma génération ne fonctionnait plus.
Convaincu qu’il fallait sortir de l’approche victimaire, je décidai de renverser le prisme et d’entrer dans cette histoire par les bourreaux, par ceux qui sont les moteurs de ces processus politiques.
Il me fallait montrer en quoi l’histoire de la Shoah devait dépasser l’aspect antiraciste moralisant pour avoir une véritable utilité. » I. R.
Nourri de documents exceptionnels sur la Shoah, ce livre s’adresse à tous ceux qui pensent que son enseignement peut éclairer et fortifier les citoyens que nous sommes.
Iannis Roder est professeur d’histoire-géographie dans un collège de Seine-Saint-Denis. Il est responsable des formations au Mémorial de la Shoah, directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean-Jaurès.
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Introduction
- Première partie - Mésusages et dérives de l'histoire de la Shoah
- Chapitre 1 - La Shoah n'est pas un vaccin contre la haine
- L'histoire de la Shoah comme bouclier contre le retour du fascisme
- La charge antiraciste confiée à l'histoire de la Shoah
- Les dégâts et les limites du discours moralisateur : tout devient Shoah
- Chapitre 2 - La mémoire de la Shoah contre l'antisémitisme
- La mémoire de la Shoah impuissante
- La mémoire de la Shoah se retourne contre les juifs
- Chapitre 3 - La mémoire de la Shoah contre Israël
- Israël, État raciste
- Le juif, ce sioniste…
- Chapitre 4 - Les juifs, de victimes éternelles à victimes disparues
- Les juifs, ces victimes
- La Shoah sans les juifs
- La déjudaïsation, hier et aujourd'hui
- La déjudaïsation au nom de l'universalisation
- Chapitre 5 - La Shoah à l'ère de la victime
- L'émergence de l'ère victimaire
- « Oui, les juifs sont des victimes, mais ils ne sont pas les seules » !
- Chapitre 6 - Déboulonner la figure de la victime
- En guise de conclusion provisoire : un constat d'échec
- Chapitre 1 - La Shoah n'est pas un vaccin contre la haine
- Deuxième partie - Pour une histoire politique
- Chapitre 7 - Connaître l'histoire de la Shoah
- Pour comprendre les processus politiques
- Pour défendre la démocratie
- Parce que le meilleur est toujours possible
- Chapitre 8 - Le sort des juifs durant la Seconde Guerre mondiale
- La vision du monde nazie, le moteur du crime
- La communauté du peuple, Volkgemeinschaft
- Tout est une arme dans les mains des « juifs »
- La vision du monde nazie, le moteur du crime
- Chapitre 9 - La langue dit le crime
- « Les camps de concentration » : expression de la confusion
- Le prisme d'Auschwitz : source de la confusion
- « Centre de mise à mort » : un vocable explicite
- La « déportation » : confusion entre le moyen et la finalité
- Chapitre 10 - Les bourreaux, moteur de l'histoire
- La décision de la « Solution finale » : une conséquence de la vision du monde
- Comprendre que leurs croyances faisaient sens
- Les nazis n'étaient ni le diable ni des fous
- Chapitre 11 - Les victimes, aussi, ont une histoire
- Chapitre 12 - La Shoah, une histoire universelle
- La difficulté à saisir le crime
- La victime du nazisme : l'humanité
- Chapitre 7 - Connaître l'histoire de la Shoah
- Troisième partie - Interroger les pratiques et les certitudes
- Chapitre 13 - Le temps long
- Faire l'histoire de l'antisémitisme
- La Shoah n'est pas la fin de l'histoire de l'antisémitisme
- Chapitre 14 - Comparer n'est pas banaliser
- Les États « totalitaires » : comparaison n'est pas raison
- La violence contre la société comme condition de survie du régime : le stalinisme
- La violence contre la société comme condition de la réalisation du projet idéologique : le nazisme
- Les juifs et le camp de concentration
- Les autres violences génocidaires : la nécessité de la comparaison
- Des constructions intellectuelles proches
- Des clefs de lecture pour aujourd'hui
- Les États « totalitaires » : comparaison n'est pas raison
- Chapitre 15 - Qui passe à l'acte ?
- Modéliser les crimes de masse
- Le 101e bataillon de l'Ordnungspolizei en Pologne
- Tous des assassins de masse potentiels ?
- Durant un génocide, il faut un mobile pour tuer
- La banalité du mal
- Chapitre 16 - « Montrer » le crime
- La violence dégoûte-t-elle de la violence ?
- Montrer le génocide, c'est travailler sur le vide
- Le cinéma choisit le vide
- Le vide des lieux d'assassinat
- Chapitre 17 - Pourquoi aller à Auschwitz ?
- Chapitre 18 - La fin de l'« ère du témoin »
- Pourquoi ce questionnement ?
- Une parole devenue indispensable
- Le témoignage, « un moment fort »
- L'apport du témoignage dans l'enseignement
- Le témoignage et la charge morale.
- Le témoignage peut-il être interrogé ?
- Le témoignage, une source historique comme une autre ?
- Le témoignage et l'émotion
- Resituer Auschwitz et la parole du témoin
- Enseigner après
- Comment faire sans cette parole ?
- Quel enseignement ?
- Pourquoi ce questionnement ?
- Chapitre 13 - Le temps long
- Conclusion
- Références
- Table
- Du même auteur chez Odile Jacob






























