Odile Jacob publie

Claude Lelièvre

L'École d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire
Date de parution : 17 mars 2021
EAN13 : 9782738154866 / 320 pages / 145 x 220 mm / 400 g

« Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? » Eh non, ce n’est pas Charlemagne. Et ce n’est pas Jules Ferry qui l’a rendue obligatoire – il n’a pas non plus défendu le « lire, écrire, compter », au contraire…
Bousculant les images d’Épinal et les certitudes partagées mais mal fondées, Claude Lelièvre remet les points sur les « i » de nos idées sur l’école et son histoire.
Car la passion française pour les débats sur la question scolaire se nourrit d’approximations et de contre-vérités : l’auteur prend un malin plaisir à les démystifier. Son livre propose des explorations brèves à partir des références – convenues, erronées ou fallacieuses – à l’histoire de l’éducation dans les discours actuels.
Les sujets abordés sont ceux qui nourrissent les polémiques d’aujourd’hui : la laïcité, l’égalité des chances et la sélection, les réformes scolaires, l’égalité des sexes, l’opposition entre instruire et éduquer, les « fondamentaux », l’école unique, le « roman national », le bac, etc.
C’est vif, précis, parfois piquant.
Un travail d’historien qui tente, sur un domaine crucial dans la vie de la République, d’apporter quelques lumières – selon le voeu de Condorcet : sans éblouir, mais pour éclairer –, « en amusant parfois, en étonnant souvent, mais en argumentant toujours ».

Claude Lelièvre est historien de l’éducation, professeur émérite à l’université Paris-V, auteur d’une vingtaine d’ouvrages. Il tient le blog « Histoire et politique scolaires » sur le site de Mediapart.
Il a publié aux éditions Odile Jacob, avec Christian Nique, L’École des présidents, et, avec Francis Lec, Les Profs, l’École et la Sexualité


  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Avant-propos
  5. 1. - Qui a imposé l'école ?
    1. Charlemagne n'a pas inventé l'école
    2. Jules Ferry n'a pas rendu l'école obligatoire
    3. L'instruction obligatoire est instituée depuis 1882
  6. 2. - Ce n'est pas le « lire, écrire, compter » qui distingue l'instruction républicaine
    1. Dépasser les « rudiments »
    2. « Apprendre » mais surtout « apprendre à apprendre »
    3. Jules Ferry pédagogue
  7. 3. - La pédagogie : historiquement fondamentale pour les républicains
    1. « Républicains » et « pédagogues » : une opposition historiquement fausse
    2. La « liberté pédagogique »
  8. 4. - La dictée au centre ?
    1. Ce n'est pas Ferry mais Guizot qui a imposé la dictée dans le primaire
    2. L'orthographe (et la dictée) se sont d'abord imposées auprès des instituteurs
    3. Le moment « ferryste » n'est pas favorable à la dictée
    4. La dictée : plébiscitée, mais toujours mise en question
    5. D'abord les enfants du peuple. Puis les autres aussi…
  9. 5. - Des retours tonitruants aux « fondamentaux » ?
    1. Durant toute la IV e République
    2. Changements importants en 1969
    3. Changements à la marge avec Jean-Pierre Chevènement
    4. La part des « fondamentaux » n'a guère varié
  10. 6. - Enseignement de l'histoire et « roman national »
    1. La conversion de Jules Ferry : de l'Europe à la « religion de la patrie »
    2. L'histoire dans le primaire selon Lavisse : imaginaire, récits, images
    3. Lavisse et Ferry aux antipodes de Condorcet
    4. Le roman national dans le secondaire : une nouveauté radicale ?
    5. Le contexte de l'apparition de l'expression « roman national »
  11. 7. - Nos ancêtres les Gaulois ou bien les « Gallo-Romains » ?
    1. Lavisse, le contraire d'Astérix
    2. Une histoire miraculeusement pédagogique
    3. En phase avec la conception colonisatrice de Jules Ferry
    4. Les surprises de l'attitude de Ferry et Combes en Algérie
    5. Le Tour de la France par deux enfants : nationalisme revanchard ?
  12. 8. - Les bataillons scolaires
    1. La Commission d'éducation militaire créée par Paul Bert
    2. Les « bataillons scolaires » instaurés par le décret du 6 juillet 1882
    3. Le soutien de Jean Macé, créateur de la Ligue de l'enseignement
    4. Un succès initial indéniable
  13. 9. - La curieuse question des dates à enseigner au primaire
    1. En vingt-cinq ans, trois listes claires
    2. Sept dates communes aux trois listes sur 33 différentes…
    3. Dix dates communes à deux des trois listes
    4. Seize dates ne figurent que sur l'une des trois listes
  14. 10. - L'école publique : neutralité ou engagement républicain ?
    1. Sous l'empire ou la monarchie, pas de neutralité politique de l'école
    2. Jules Ferry : dans le droit fil de la doctrine de l'État éducateur
    3. Au début de l'école républicaine, pas de politique électorale partisane
    4. Mais l'école ne dit pas : « je ne fais pas de politique »
  15. 11. - L'école laïque : neutralité confessionnelle et engagement politique
    1. La question laïque inséparable de l'institution de la République
    2. Les « devoirs envers Dieu »
    3. L'Église catholique a bien tenté de peser sur l'enseignement public
    4. Jean Jaurès : « Il n'y a que le néant qui soit neutre »
  16. 12. - Enseignement laïque de la morale ou enseignement d'une morale laïque ?
    1. L'enseignement de la morale fait la dignité de la profession d'instituteur
    2. Enseignement laïque de la morale
    3. Enseignement d'une morale laïque ?
    4. Un enseignement trop sentencieux de la morale ?
    5. Translation de la morale vers le civisme ?
    6. Un retour sentencieux à la morale, sans référence à la laïcité ?
  17. 13. - Interdiction des châtiments corporels et lutte contre l'école d'Église
    1. Se démarquer des congrégations enseignantes et des « esprits frappeurs »
    2. Mai 68 n'a pas mis fin aux châtiments corporels
  18. 14. - Intensité des punitions et révoltes historiques au XIXe siècle
    1. Révoltes contre l'Ordre moral ?
    2. Un air du temps républicain laxiste et délétère ?
    3. L'apaisement par la circulaire « républicaine » de 1890
    4. L'interdiction des « lignes » il y a cent trente ans fait encore problème !
  19. 15. - L'égalité d'éducation
    1. Cursus primaire et cursus secondaire sous la IIIe République
    2. Le discours de Jules Ferry sur l'égalité d'éducation
    3. « Dans quelles limites l'utopie apparente de l'égalité d'éducation est de l'ordre des choses possibles »
    4. Persistance de cette égalité d'éducation sous la IIIe République
  20. 16. - Les bourses. Pour quels mérites ?
    1. Critères sous le Second Empire
    2. Critères sous la IIIe République
    3. Quelles modifications possibles dans le classement d'attribution ?
    4. Enquêtes policières et recommandations politiques
    5. Les bourses, outil du soutien à certains secteurs scolaires
    6. Buisson et la division de l'école : « Nous avons imaginé pour la masquer le système des bourses »
  21. 17. - Tribulations et surprises de l'école unique
    1. Le lancement par les « Compagnons » en 1918
    2. Un objectif qui attire l'attention
    3. Un objectif qui fait problème
    4. Le « compromis historique » du plan Langevin-Wallon de 1947
  22. 18. - Les uniformes scolaires
    1. Uniquement dans les établissements privés ou certains établissements secondaires publics
    2. Les « hussards noirs » ne sont pas les instituteurs mais les normaliens
    3. Un uniforme calqué sur l'habit religieux pour les normaliennes ou les professeures
  23. 19. - L'« égalité d'éducation » pour les filles : égalité dans la différence
    1. L'orgueil du sexe : « Dans les meilleurs d'entre nous, il y a un sultan »
    2. Les femmes auraient des « instincts sympathiques » plus développés que les hommes
    3. L'égalité dans la différence ; et une éducation des filles enlevée à l'Église
  24. 20. - Affaires publiques : « S'en mêler, mais ne pas s'y mêler »
    1. La « pudeur » doit éloigner la femme des affaires politiques publiques
    2. L'instauration du vote des femmes : invisible dans les manuels d'histoire
  25. 21. - Un primaire public féminin différent du masculin
    1. Les congrégations encadrent beaucoup plus le primaire féminin
    2. La laïcisation progressive des personnels de l'enseignement primaire public
    3. Des écoles normales primaires de filles pour faire pièce aux congrégations
    4. Des programmes différents pour le primaire féminin
    5. Des orientations très spécifiques pour les filles : avant tout « ménagères et mères »
    6. « Faire des femmes complètes : des femmes au foyer »
  26. 22. - La création d'un secondaire féminin fort différent du masculin
    1. « Les femmes savantes sont des exceptions, comme les femmes à barbe, mais plus rares »
    2. Un secondaire féminin à distance respectueuse du masculin
    3. « Donner un sexe » aux études des filles
    4. La vie austère du professorat : faire pièce aux congréganistes
  27. 23. - Les débuts de la longue marche des filles
    1. Les évolutions controversées des agrégations féminines
    2. Le difficile accès des filles au baccalauréat
    3. L'enseignement public commence à céder
    4. L'enseignement ménager : un étrange cas particulier
  28. 24. - Les mises en « mixité »
    1. Des précédents partiels, plus ou moins tolérés
    2. Une mixité presque simultanée dans le public et le privé
    3. Dans l'école publique, une logique administrative gestionnaire et pédagogique
    4. Un grand changement, mais pas une grande politique délibérée
  29. 25. - « Coéducation » ou « mixité » : une simple curiosité ?
    1. La « coéducation » : à l'ordre du jour dès avant la Grande Guerre
    2. De la coéducation à la grande vague de mixité
    3. Retour sur la dimension sexuée de la coéducation
  30. 26. - Des stéréotypes sexistes pérennes
    1. Peu de changements dans les manuels d'histoire au long du XXe siècle
    2. L'étude de 1997 sur l'« image de la femme dans les manuels scolaires »
    3. Et cela dure…
    4. Durcissement des clivages avec l'invocation de la « théorie du genre »
  31. 27. - La longue marche des filles vers les enseignements supérieurs
    1. Au début du xxe siècle, la place des filles est disparate et souvent réduite
    2. La croissance prodigieuse du taux de jeunes filles en droit
    3. L'avancée des filles : des rythmes variables
  32. 28. - Une féminisation du corps enseignant ?
    1. La femme (célibataire) : figure archétypale de l'enseignant
    2. Un corps enseignant féminisé depuis très longtemps dans certains secteurs
    3. Dispersion selon les disciplines ou les qualifications
    4. Focalisation actuelle sur l'éducation des garçons, à l'instar d'un certain passé
  33. 29. - L'école maternelle
    1. Deux grandes orientations s'affrontent dès le début
    2. « L'école maternelle est un mal nécessaire, ou plutôt l'atténuation d'un mal »
  34. 30. - Des différences statutaires et financières historiquement fortes entre enseignants
    1. Des différences très nettes à l'intérieur du primaire
    2. Une lutte longue et difficile contre ces inégalités
    3. Des revenus très contrastés selon les catégories d'enseignants
  35. 31. - Retraites des enseignants : un système plus ancien qu'on ne le croit
    1. Création impériale
    2. Et pour les instituteurs ?
  36. 32. - Les vacances scolaires
    1. Les vacances d'été : pas un héritage de la France agricole
    2. Mais pour les écoles primaires ?
    3. Zonages des vacances intermédiaires sous l'influence des vacances d'hiver
  37. 33. - Écoles normales et concours de recrutement
    1. La question foncière de la centralisation de l'école à la française
    2. L'établissement des concours de recrutement
    3. Turbulences des concours en temps de guerre
    4. Et en 1968 ?
    5. Aventures et dérapage : les avatars de l'agrégation des lettres en 1968
  38. 34. - L'agrégation
    1. Les fonts baptismaux historiques de l'agrégation
    2. Apparition des différentes agrégations (hors agrégations féminines spécifiques)
    3. Surprise : jusqu'en 1880, l'agrégation n'est qu'un concours interne
  39. 35. - La curieuse inversion des deux moutures initiales du Capes
  40. 36. - Le concours général : quelle histoire !
    1. Une création d'Ancien Régime, une résurrection « bonapartiste », des turbulences « républicaines »
    2. Emblème de la République ou concours parisien ?
  41. 37. - Le baccalauréat. Excès d'honneur et d'indignité
    1. La Barrière et le Niveau : un « brevet de bourgeoisie »
    2. Le « bachotage » : déplorations anciennes et récurrentes
    3. L'industrie de la fraude
  42. 38. - De quoi le « baccalauréat » est-il le nom ? Est-il « républicain » ?
    1. Le baccalauréat : une « Sainte Trinité » emblématique ?
    2. Le bac est-il républicain ?
  43. 39. - « 80 % d'une classe d'âge au niveau bac »
    1. Un objectif d'abord controversé, puis accepté ?
    2. L'objectif précisé par son principal promoteur, Jean-Pierre Chevènement
    3. Le contexte de la formulation d'un mot d'ordre « historique »
  44. 40. - Le baccalauréat, un examen d'entrée à l'université ?
    1. Un jury longtemps universitaire
    2. Le bac est-il encore un examen d'entrée à l'université ?
  45. 41. - La prodigieuse décennie gaullienne
    1. Doublement du pourcentage de bacheliers, simplification des épreuves
    2. Le grand bond de l'enseignement supérieur dans les années 1960
    3. Projet de réforme d'avril 1968 : « Pas de sélection malthusienne, mais orientation »
  46. 42. - Chassés-croisés du rôle des épreuves écrites ou orales au bac
    1. L'hégémonie initiale de l'oral
    2. La montée en puissance de la dissertation, surtout de philosophie
    3. Mises en cause de la « forme canonique » de la dissertation philosophique et retour vers la case départ ?
    4. Des chassés-croisés multiformes entre écrit et oral
  47. 43. - Bac 1968 : un simple oral et ses « miraculés »
    1. 81 % de reçus à ce simple oral (contre 62 % à la session ordinaire du bac 1967)
    2. De surprenants effets positifs à long terme
  48. 44. - Une déstabilisation des corps enseignants avant Mai 68
    1. Un corps enseignant du primaire en expansion rapide, moins « normalisé » et « mixé »
    2. Un corps enseignant du secondaire en extension très rapide, très jeune et peu homogène
    3. Un corps enseignant du supérieur en développement ultrarapide et en changements internes importants
    4. Effets de ces évolutions sur les enseignements après Mai 68
  49. 45. - Les innovations post-soixante-huitardes à l'ordre du jour avant Mai 68
    1. Les projets du ministre avant Mai 68
    2. Le colloque d'Amiens de la mi-mars 1968
    3. Les destins post-soixante-huitards de ces projets
    4. Cristallisation et clivages
  50. 46. - Du « temps des études » au « cours magistral »
    1. Le « temps des études » au XIXe siècle
    2. Les professeurs d'université se mettent à faire cours à la fin du XIXe siècle
    3. Multiplication et empilement des disciplines
    4. Le « surmenage scolaire »
    5. La réduction paradoxale du temps des études
    6. Et dans le primaire ?
    7. Des Propos sur l'éducation assez injustes du philosophe Alain en 1932
  51. 47. - Les avatars historiques des notes chiffrées
    1. La proposition alternative « A, B, C, D, E » en 1968 et 1969
    2. Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer les notes à l'école ?
    3. Limites ou réserves historiques quant à la notation chiffrée
    4. Notation sur 20, compositions trimestrielles, prix et accessits
    5. Des professions de foi aussi surprenantes que vigoureuses
  52. 48. - Le certificat de fin d'études primaires : le « santificat »
    1. Le « santificat »
    2. Le certificat d'études et ses antécédents
    3. Les résultats du certificat d'études : loin de la légende…
  53. 49. - Pauvre brevet !
    1. Les « sous-officiers de l'armée du travail »
    2. Le brevet : pas une condition pour passer en seconde
    3. Une résurrection problématique
  54. 50. - La loi Debré de 1959 a-t-elle permis d'en finir avec la « question scolaire » ?
    1. Financement public = école publique ?
    2. Autre surprise, c'est un radical puis un socialiste qui ont pris des initiatives hors statu quo
    3. L'intervention déterminée et déterminante du président de Gaulle
    4. Les catholiques : mobilisation et… réticences
    5. La loi Debré
  55. 51. - Mouvements du privé vers le public et vice versa
    1. De nombreux passages d'élèves dans les deux sens
    2. Rapprochements dans le « mode de gouvernance » ?
  56. 52. - Le ministère, les ministres et les lois
    1. « Instruction publique » puis « Éducation nationale » : une succession chargée de sens ?
    2. Quid de ces ministres de l'Éducation nationale ?
    3. Les lois sur l'école : une rareté !
  57. Sommaire
  58. Du même auteur chez Odile Jacob
  59. Collection